et avez attendu en silence alors que vous n'en pouviez plus d'impatience,
et que je n'ai pas vraiment de pêle-mêle cette semaine tant elle a été courte,
Le pêle-mêle Corse!
(tel que je l'ai noté, au jour le jour...)
*Le départ* Un vendredi 13 (avril) ça n'a l'air de rien mais ça a son importance.
Je dois quitter l'Usine tôt pour rejoindre le Noon' qui a fait les courses, rempli le coffre de bouffe, et chargé les valises qu'on a préparées la veille (moi, avec l'entrain que je vous décrivais ici) (et non, le Noon' n'est pas à vendre, ni louer, ni même prêter pour le week end). Evidemment au moment où je chausse mon sac à main, Momo* (ma chef) a mille trucs à me demander encore, il est bien entendu que je serai absente une semaine ce qui la fait stresser, je bouillonne, et je finis par partir en courant (c'est le dernier sport que j'ai fait de ma vie).
Dans la voiture l'ambiance revient rapido à l'allégresse, nous filons vers les ports d'embarquement.
Je prends mon cacheton contre le mal de mer, et nous commençons à faire la queue pour embarquer. Nous avons bien entendu indiqué la destination de nos vacances de rêve à la ravissante employée qui filtre les autos, et non celle où le bateau doit nous conduire.
Nous nous gourrons donc de bateau! (ce que le Capitaine nous a dit ne jamais arriver, avec tous les contrôles avant d'embarquer). Ben là si. Entre la quiche qui n'a pas vérifié nos papiers, et le Noon' dans la lune rêvant déjà de la suite, nous voilà bel et bien dans un ferry pour Porto Vecchio alors que nos billets étaient pour Ajaccio. Le capitaine du bateau pour s'excuser (il est impossible de redescendre la voiture est bloquée par 100 autres voitures) nous OFFRE l'accès au bar le soir même, puis une cabine hublot direct sur le pont (bien chère) (alors que nous en avions une sur l'autre bateau au rabais et sans fenêtre) le restaurant le soir et le petit déjeuner. Des ROIS. On a gloussé d'aise et de contentement pendant toute la traversée (sauf quand j'ai dormi, ensuquée par le cachet). Equipage gentil, capitaine hautement beau gosse. Momo et Muriel* sont déjà bien loin dans ma tête.
*Jour 1* Petit déjeuner (offert donc) on sort sur le pont et on regarde la Corse approcher. Il y a un vent de taré (globalement côté temps on n'a pas eu de chance). Débarquement rapide et balade à Porto Vecchio. Je suis frappée par les odeurs de jasmin partout, plus tard je comprendrai que ce sont en fait des mandariniers. Je hume tout ce que je peux et j'espère m'en faire une mémoire olfactive. On finit notre première errance sur la plage de palombaggia, vautrés, heureux (et bientôt cramés, on s'est pas méfié du vent). Sur la plage (une des plus belles du coin), un gars a installé une petite payotte, ou nous déjeunons. J'ai l'impression d'être là depuis un mois. Je décortique chaque instant mentalement, je veux me souvenir de cette sensation "déconnection" et "repos" si parfaite.
Dans l'après-midi on va chercher les clés de la loc. L'endroit est très beau, isolé, calme, la nature est en fleurs, et c'est plein d'eucalyptus. L'odeur me rappelle un coin de Nice. On fait d'emblée une petite sieste, on bouquine un peu (des polars, on en a lu chacun un par jour en allant se ravitailler comme des junkies en manque à la librairie la plus proche - à payolle!)
*Jour 2* Réveil naturel, et marché (à touristes, grr) à Porto Vecchio où nous achetons de la charcuterie (moyennement bonne et parait-il venant de Chine, enfin en tout cas les cochons, ça calme) et des légumes. Cap sur Bonifacio pour visiter. Falaises blanches, en craie, creusées par l'eau. Criques sauvages et eau turquoise. Je mitraille tous azimuts et je commence à regretter que l'eau soit si froide... Je crois que le temps se lève et qu'il fera meilleur encore les jours suivants: fatale erreur. Restaurant notable (un des deux seuls de l'île que nous ayons fait) visite, marche et retour à la loc, sieste et bouquin ( ça va être un peu récurrent, on va prendre un code, genre "j'ai récuré la maison à la javel du sol au plafond", tout moi.)
Dîner radis et saucisson (l'équilibre c'est nous).
Bon, je vais raccourcir sinon on en a pour 10 pages...
*Jour 3* Pendant qu'on déjeune la petite mésange qu'on avait vu la veille revient frapper à la porte fenêtre, je pense que les locataires précédents lui donnaient peut être des miettes? On lui ouvre, on essaye de lui donner des miettes, elle s'en va. Deux jours de suite, on commence à s'interroger...
(Comme une cruche je n'ai pas noté la suite, enfin ce qui a de sûr c'est qu'en fin d'après midi bien fatigués de nos périgrinations, j'ai récuré la maison à la javel du sol au plafond. (Je vous l'avais dit, on s'est bien reposés en fait.))
*Jour 4* Au petit déj', la (satanée) mésange revient. Cette bêcheuse boude nos miettes je vais finir par l'attendre avec un lance-pierre tellement ça m'énerve de ne pas comprendre ce qu'elle veut. Je monte sur une chaise pour voir si elle n'a pas fait son nid au dessus de l'armoire, queud.
Départ pour l'intérieur des terres. Le col de Bavella, chênes verts (lièges) partout, fleurs blanches hautes qu'on ne voit pas sur le continent, peut être des aulx sauvages? La nature est très belle, la végétation marquante. Le temps s'est dégradé et nous découvrons les montagnes sous une lumière incroyable: entre deux nuages lourds, une percée de soleil sur une roche claire... On bloque un moment, heureusement que les appareils photos n'ont plus besoin de pellicules... Repas dans une auberge de montagne, dos à la cheminée, enchanteresse. Le retour à Porto Vecchio est bien moins marrant, long, et en épingle, j'ai la gerbe et j'ai hâte d'arriver (début de soirée, récurage à la javel, etc.)
*Jour 5* Visite de Sartene, le Noon' déteste. Moi je trouve ça mignon, mais c'est vrai qu'il n'y a rien à y foutre. Le bar de la place s'appelle "au bien assis" et effectivement 3 pépés y ont l'air pas mal le cul vissé sur leurs chaises. C'est un peu tout ce que j'en ai noté. On pousse jusqu'à Propriano, alors là, l'hiver (ou quasi) c'est moche! (les plages sont belles, on a renoncé, vu le temps) Mais le Noon' tombe dans les bras du propriétaire d'un magasin de musique qui l'avait attiré comme un aimant, le mec est exilé là bas depuis 12 ans, mais avant il sévissait à Marseille, le monde est petit! On déjeune chez des neuneus, en terrasse, sous la pluie, une bouffe plus que moyenne (et ça aussi, à part deux resto, celui de la cheminée et celui du deuxième jour à Porto V. c'est une constante.)
*Jour 6* Temps de chiottes, je commence à me lasser. Roulé-boulé à la librairie, rien d'autre de notable. Et puis je pense aux élections de plus en plus vivement, j'espère qu'il n'y aura pas de grève de la société de navigation pour rentrer voter (et en fait il n'y en a pas eu là, mais lors du 2ème tour 15 jours plus tard; si! Je crois que j'aurais mordu au sang si ça nous était arrivé).
*Jour 7* Retour à Bonifacio. Le village que j'ai préféré, et en fait sans doute impratiquable l'été. On mange (javel, euh non médiocre) et nous partons arpenter le "chemin de ronde", à fleur de falaise, à chaque meurtrière se révèle un nouveau point de vue sur l'eau turquoise, je fais des tonnes de photos que j'envoie Au Zèbre pour lui faire un peu profiter de la vue inoubliable et coupant le souffle du coin. Après la promenade très venteuse, halte dans un bar ou je commande un perrier (ils n'ont pas) un coca (ils n'ont pas) je finis par boire un orangina à la canette! J'imagine l'horreur que cette île doit être en pleine saison, et comme on doit traiter le touriste moyen...
Malgré tout le soir, je suis un peu triste de partir le lendemain. On a passé un moment unique (il ne peut rien me rappeler, je ne connaissais pas la Corse), seuls, et je n'ai pas envie que ça s'arrête. Il faut rentrer pourtant, voter dabord...
*Jour 8* Ménage dans la loc et nous partons pour Ajaccio reprendre le bateau. A cette occasion on réalise bien la chance qu'on a eu de se tromper à l'aller, et d'arriver directement à Porto V: c'est au bout du monde!! Nous disons aurevoir à ce joli petit bled, et on reprend la route jusqu'à Propriano, puis, un siècle plus tard: Ajaccio. Beuuuurrkkkk! J'ai l'impression de voir un mix entre Marseille (taille, immeubles) et Alger (ville très blanche, très lumineuse) (du moins de la représentation que j'en ai) en tout cas une chose est sûre c'est GRAND et c'est urbain! Tout l'inverse de ce que l'on vient de connaitre une semaine, et le choc est rude. C'est comme la fin des vacances, une grande claque dans la figure.
Je n'ai aucune envie de m'y promener, je préfère rester sur les belles images que j'ai (en plus la voiture est pleine) et nous.... lisons dans la voiture jusqu'à l'heure de l'embarquement (quelques heures plus tard).
On embarque finalement, nous vautrons dans notre cabine (moche, bon marché, et sans hublot) puis nous rendons sur le pont (splendide-j'en ai posté une photo déjà sur un post précédent). Quand il commence à faire froid, nous nous calfeutrons au bar dont la déco m'évoque l'espagne post franquiste , et nous prenons un dernier apéro.
... Mes notes s'arrêtent là.
(Oui je sais, un paragraphe de plus et vous tombiez dans les pommes.)
* Les prénoms sont bien sûr imaginaires.