mercredi 23 mai 2012

Carpe diem

Après les trombes d'eau qui se sont abattues sur nous,
Laisser sécher,
Le premier soleil revenu prendre sa meilleure amie sous le bras,
Se poser en terrasse,
Déjeuner,
Déguster.

mardi 22 mai 2012

Dôns la boue, Mamôn!

Il y a quelques années j'habitais un autre quartier. Limitrophe de l'actuel, mais pas le même. Et puis je prenais plus souvent le bus, toujours vers les mêmes heures puisque je n'avais pas de voiture.

J'ai commencé à les croiser régulièrement. C'était un couple assez "beau". Ce qui en faisait la beauté je ne sais pas vraiment le dire, mais l'un sans l'autre était déjà remaquable. Les deux ensemble étaient lumineux. Le silence dans lequel ils voyagent invariablement, y participait sans doute un peu.

J'ai pris l'habitude de les regarder à la dérobée. Emmitouflés l'hiver, toujours impeccables et repassés en tenues légères l'été.

Lui avait quelque chose de kabyle, grand, un peu rouquin. Il me rappelait Kamel, mon premier amoureux du collège, celui qui me disait "j'ai 5 frères, et des soeurs" (les soeurs, il ne savait pas, fallait qu'il réfléchisse). Mêmes cheveux, mêmes yeux clairs. Je ne l'ai jamais regardé une fois, le grand du bus, sans penser à Kamel. Peut-être est-ce même à cause de lui que j'ai commencé à les épier, chaque matin.

Elle, très grande aussi, très fine, de longs cheveux raides toujours coiffés, elle voyage collée-serrée avec son mari, (j'ai tout de suite vu les alliances, comme eux: classes, mais sobres) quand ils sont assis ils se tiennent la main, et quand ils sont debout par manque de place le garçon entoure la fille de ses bras et ils restent comme ça sans parler jusqu'à leur arrêt, le même que moi.

Et puis un jour la fille a été enceinte. Pendant tous les mois où je la regardais, je me demandais bien à quoi ressemblerait leur bébé. Fille? garçon? Autant eux deux étaient somptueux, autant le bébé j'en étais sûre serait moins détonant. Et s'ils arrêtaient de prendre le bus?

Et puis j'ai déménagé et moins pris le bus, un peu oublié les deux amoureux aussi.

Un jour à la faveur d'une panne de ma voiture (où d'une poussée écolo comme j'en ai régulièrement) j'y suis remontée la tête ailleurs et qui vois-je? La fille, le garçon, et un bébé en porte-bébé, sur son père! Un garçon! Un peu rouquin!

Il a l'air très éveillé pour son âge et ses parents n'ont pas varié d'un pouce, leur attention jadis portée sur l'autre entièrement déviée sur la petite tête ronde (gros bonnet péruvien l'hiver, rouquine l'été) qui dépasse. J'ai du me tordre le cou et perdre toute ma discrétion légendaire pour les observer, là.

Et puis  je les ai revus, et revus. Le bébé toujours porté par le père, même station pour descendre, toujours.

Et puis il y a quelques mois j'ai vu la fille monter. Devant elle un petit bonhomme qui marche seul que je n'avais pas vu au départ. Ils s'asseyent tous les deux et le petit est surexcité. Elle sort alors un livre et lui demande de lui raconter l'histoire (sans doute pour le canaliser) je peste, moi je voulais encore entendre sa petite voix bien affirmée raconter sa vie de déjà  deux ans!

Lui n'a pas du tout envie de raconter ce livre, alors, bien fort (nous en profitons jusqu'au fond du bus et ce indépendament de mon oreille plus que tendue) il dit une phrase par page, et finit en disant, " et voilà Mamôn, dônsss la boue! Il est dôôôns la boue Mamôn hein?" la mère lui fait recommencer l'exercice en prétendant qu'il n'a pas bien raconté, qu'il est allé trop vite, mais lui recommence au même rythme, pour finir hurlant sur ce "dôôôns la boue" tellement extraordinaire.

Sa mère essaye de le faire taire mais nous gloussons tous dans nos cache-nez.

Je pense à ce que nous serons tous, dans dix ans, dans vingt ans, lorsque toujours dans le même bus me menant à l'Usine, je croiserai ce jeune-homme, et que je saurai sans jamais l'avoir connu comment étaient ses parents jeunes, comment il prononçait avec un délicieux défaut les premiers mots de sa vie, comment sa mère était enceinte... Tout ça me parait étrange, mais il me semble impossible de l'oublier maintenant.



lundi 21 mai 2012

Les p'tites violettes qui me poussent dans le coeur...

Quatre jours de belle fiesta dans le Tarn et Garonne. Quatre jours de partage, quatre jours de camping plus ou moins humide, quatre jours d'éclats de rire, de discussions en tout genre, de musique bien sûr.

Quatre jours d'amitié si forte qu'on ne sait pas bien où commence l'amour, quatre jours de rencontres. Quatre jours de bouffe, de picole, quatre jours de pas envie que ça s'arrête jamais. Quatre jours de si on vivait tous au même endroit? Quatre jours de chaleur malgré le déluge, quatre jours de photos, d'enregistrements, quatre jours à jouer au Mollki (mais puisqu'on te dit qu'il faut dire mollku! ) quatre jours qui permettront de tenir jusqu'en mai 2013.

Deux jours de rencontre en vrai avec  la Dame de Toulouse, qui le raconte aussi ici (et avec des photos plus jolies que les miennes, et pour cause les miennes sont faites à la va-vite au téléphone portable). Quelle joie! Comme c'est curieux de se découvrir en vrai alors que depuis des mois déjà on se lit, on se parle, on vit des parallélismes troublant à des centaines de kilomètres... Comme c'est curieux de connaitre enfin le regard, la couleur des cheveux, alors que pour tout le reste on a déjà une idée assez fine de l'Autre. En mangeant des violettes au sucre aujourd'hui, bien emmitoufflée sous mon plaid,  je sais déjà qu'il y  en aura d'autres...  

Et puis je ne suis pas rassasiée de cette région, verdoyante et luxuriante, et puis les briques rouges, et puis Toulouse elle même, il faut que j'y retourne.

Bien sûr il y a le blues de fin de fête, bien sûr dire au revoir à tout le monde a été encore difficile, mais au fond de moi, un tapis de violettes a poussé, avec la douceur et l'odeur sucrée de l'amitié. En fait, je crois que c'est mon seul réel moteur dans l'existence. Je vais le cultiver secrêtement, légèrement, et ce sera bientôt un champ, qui bouchera l'horizon et occultera toute la grisaille du quotidien.

le bonheur en large,

en long,

mercredi 16 mai 2012

François, Jean-Marc, Claude* et les autres...


Je ne suis pas partie pour faire un énième billet politique, quoique.

La tentation était trop forte de faire ce petit clin d’œil parce que tous les matins je me réjouis de me réveiller dans ce pays-ci. Ce pays-ci qui a préféré (à l’arrache je vous le concède) donner sa chance à un autre modèle de gouvernance, un modèle que je juge sobre, droit, et social(iste). Pour l’instant auncun  faux pas. Je suis lucide il y en aura, et je ne les regarderai pas avec une bienveillance benoîte, mais pour l’instant je ne peux que profiter de « ce changement ».

Hier je n’ai pas pu suivre l’Investiture de l’Usine bien sûr, mais le soir j’ai exceptionnellement regardé le JT, j’en ai été émue presque aux larmes, c’est dire l’importance qu’avait pour moi le départ du précédent...

Aujourd’hui le 1er ministre formera son gouvernement et même si d’aucuns n’ont "pas d’expérience gouvernementale", je suis prête à parier qu’ils feront mieux qu’un haut expérimenté à la Xavid Xouillet par exemple. J’ai même eu la sensation cinq minutes, moi qui ne crois que ce que je vois (et donc ne crois pas en grand-chose), que le pays allait pouvoir s’apaiser, retrouver un brin d’optimisme et de fraternité à son corps défendant.

Si vous voulez relire la magnifique anaphore du débat d’entre deux tours, je vous conseille l’excellent billet de Mafalda, ici.

La semaine est finie (ou quasi) ce soir c’est le départ pour la grosse fête…

Qu´il est loin mon pays, qu´il est loin
Parfois au fond de moi se raniment
L´eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
Je suis tellement impatiente !! Retrouver les copains, certains que je n’ai pas vus depuis un an. D’autres qu’on voit souvent…
En rencontrer de nouveaux (et UNE autre en particulier !!). Internet offre bien des surprises quand même. Qui eut cru qu’en suivant mon frère sur twitter et en blogouillant vaguement pendant mon temps libre (ou pas) (hum) je finirais par me faire une bonne webcopine ? Qu’en sera-t-il de notre rencontre en chair et en os ?


Je reprends l´avenue vers l´école
Mon cartable est bourré de coups de poing
Ici, si tu cognes, tu gagnes
Ici, même les mémés aiment la castagne

Et puis toute la musique partout, qui avec sa guitare, qui avec son violon, qui à la voix (ben MOI tiens !) les nuits presque blanches et les grillades au soleil. Il me tarde !!!


Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillone jusque dans tes violettes
On se traite de con à peine qu´on se traite
Il y a de l´orage dans l´air et pourtant

Promis j’en reviendrai avec  plein de paillettes dans les yeux, plein de charbons ardents (si j'ai envie)  dans les cheveux, le jean sale et le sourire aux lèvres,
Promis j’en reviendrai avec plein de souvenirs qui me permettront de tenir jusqu’à l’année d’après et un quota de chaleur dans le cœur suffisant à réchauffer Novossibirsk,
Promis j’en reviendrai avec la certitude que ma vie est celle précisément que je veux mener, et que tout est bien à sa place,

Promis j’en reviendrai , de Toulouse…

L´église St-Sernin illumine le soir
D´une fleur de corail que le soleil arrose
Une fleur de corail que le soleil arrose
C´est peut-être pour ça malgré ton rouge et noir
C´est peut-être pour ça qu´on te dit Ville Rose**
Joyeux long week end, les gens, et n’oubliez pas de vous rendre à l’office.
*©Claude Sautet
**©Claude Nougaro

lundi 14 mai 2012

J'ai encore du sable dans les oreilles

La faute au vent d'hier, près de la mer...

Prendre une longue douche,
Puis inverser les penderies hiver / été,
Boire de la verveine-orange dans la tasse de Copenhague,
Finir les lessives de draps,
Faire peut-être un peu de yoga sur les Nocturnes de Chopin,
Bouquiner à coup sûr.


Lundi de repos décomplexé, travailler moins pour gagner moins, mais quel panard!


(Au fait: aviez vous remarqué que j'avais fini par avoir le courage de supprimer une à une toutes les photos de ma trogne?)

dimanche 13 mai 2012

Un joli week-end

(Même les dindons passent de bons week end, parfois)

Hier, après avoir ruminé un certain temps autour de l'escroquerie dont j'ai fait les frais, force a bien été de constater que personne n'était mort, qu'on était plutôt en pleine forme, que je n'avais perdu "que" 130€ (des gens y ont laissé beaucoup, beaucoup plus, le site vendant aussi des voyages...) et qu'au moins ça me servirait de leçon et me vaccinerait d'avoir l'achat compulsif sur le web. Et puis ce ne sont pas des escrocs à la petite semaine mais une boîte en liquidation judiciaire, ça a quelque chose de rassurant quant aux coordonnées bancaires que j'ai saisies à l'époque. Si vous trouvez que je me rassure comme je peux, vous avez le droit de le dire. Et puis j'ai repensé à la grosse somme que je dois recevoir sous peu, ce  qui n'est jamais destiné à thésauriser peinard sur un compte épargne chez moi. En général rentrée d'argent imprévue = dépense imprévue, je ne sais pas pourquoi. Ca continue à se vérifier aujourd'hui, puisque la bagnole du Noon' vient de tomber en rade... Qui a dit encore?
Moi qui avais commencé à inviter gaiment tous mes amis au resto, et à payer tout à chaque fois que je pouvais, je crois que je vais me calmer un peu. A ce rythme je me taperais un rappel d'impôts que je ne serais pas plus étonnée que ça... 

Après avoir traînassé, rangé l'appart, siesté, nous sommes sortis un peu décalés sans savoir où nous allions, pour finir en tête à tête dans un petit resto fameux. Juchés sur nos mange-debouts on a dé-gus-té jusqu'à notre dernière fourchette (ai je dit que j'avais fini par entamer un régime?) dans l'air tiède de la première soirée estivale marseillaise. C'était si doux, sous les petits photophores installés par le tavernier. Ca sentait l'été, et cette quiétude retrouvée le soir quand enfin on peut survivre à la canicule. Cette bonne humeur générale,  les teints hâlés des filles (je ne sais pas où elles ont bronzé, d'ailleurs) qui sont si belles et que les garçons admirent avec un point brillant dans l'oeil...
La nuit avait un air de guinguette. J'étais dedans, et bien là.

Aujourd'hui c'était l'heure de la papotte et du temps entre filles. Avec Barbara nous sommes allées voir le film éponyme, Ours d'argent au festival de Berlin 2012.
Contre toute attente et malgré toutes mes bonnes résolutions de janvier, ça faisait 100 ans que je n'étais pas allée au cinéma et je serai sans doute beaucoup plus honteuse encore lorsque j'en ferai le bilan 2012 que l'année dernière... Je ne sais même pas à quoi c'est du. On se fait happer par moulinette du temps qui passe, et rien ne se déroule comme prévu. Pourtant que j'aime ça!!! M'asseoir et attendre que la lumière s'éteigne, et qu'on me raconte une histoire...
Celle là était très belle, parlait d'un temps où l'Allemagne n'était pas réunifiée, et où des gens cherchaient à fuir la RDA. Autre point de vue que celui de "Good bye Lenin" ou de "La vie des Autres" pour une même période qui me fascine vaguement, et dont je suis avide de récits.
J'en suis sortie avec la sensation qu'on ne saurait finalement jamais trop où se situait la démarcation entre le salaud et le bon samaritain, et j'ai bien aimé le concept, anti manichéen et  non réducteur.
Bon, il se peut aussi que B. et moi soyons vaguement tombées amoureuses de l'acteur principal, mais foin, le film est bien, en toute objectivité.

La fin de l'après-midi nous l'avons passée sur des petits coussins près de la mer, à consommer thé au lait et eau qui pique (alors que l'endroit est réputé pour ses mojitos et jus de fraises) (mais régime je vous dis) (quelle misère!!!) mais nous étions toutes les deux et nous étions bien, à reparler du film, de nos projets de vacances, et à rire de nos bêtises.
Nous n'avons quitté  ce petit soleil que pour aller récupérer le Noon' en rade de voiture, puis chacune à rejoint ses pénates.

Je me retourne et vois ce week end là, plein de soleil, de vent, de lumière et de sourires. Le dindon peut déguster, aussi.



samedi 12 mai 2012

Je suis un dindon.

Vous vous souvenez en janvier mes places pour Coldplay?

C'était une arnaque, le site a plié, ils sont injoignables, et je n'ai jamais reçu les places.
130€ dans le cul (lulu) je suis d'une humeur maussade...
Dire que j'avais failli prendre deux places supplémentaires pour l'ex-ado et sa copine (ils ne sont plus ensemble en plus depuis).

BREF, PAYE TA LOSE!

( et je me fouetterais d'autant plus qu'apparemment l'arnaque était détectée depuis 2011)

vendredi 11 mai 2012

Parce que vous avez été bien sages,

et avez attendu en silence alors que vous n'en pouviez plus d'impatience,
et que je n'ai pas vraiment de pêle-mêle cette semaine tant elle a été courte,

Le pêle-mêle Corse!

(tel que je l'ai noté, au jour le jour...)

*Le départ* Un vendredi 13 (avril) ça n'a l'air de rien mais ça a son importance.
Je dois quitter l'Usine tôt pour rejoindre le Noon' qui a fait les courses, rempli le coffre de bouffe, et chargé les valises qu'on a préparées la veille (moi, avec l'entrain que je vous décrivais ici) (et non, le Noon' n'est pas à vendre, ni louer, ni même prêter pour le week end). Evidemment au moment où je chausse mon sac à main, Momo* (ma chef) a mille trucs à me demander encore, il est bien entendu que je serai absente une semaine ce qui la fait stresser, je bouillonne, et je finis par partir en courant (c'est le dernier sport que j'ai fait de ma vie).
Dans la voiture l'ambiance revient rapido à l'allégresse, nous filons vers les ports d'embarquement.
Je prends mon cacheton contre le mal de mer, et nous commençons à faire la queue pour embarquer. Nous avons bien entendu indiqué la destination de nos vacances de rêve à la ravissante employée qui filtre les autos, et non celle où le bateau doit nous conduire.
Nous nous gourrons donc de bateau! (ce que le Capitaine nous a dit ne jamais arriver, avec tous les contrôles avant d'embarquer). Ben là si. Entre la quiche qui n'a pas vérifié nos papiers, et le Noon' dans la lune rêvant déjà de la suite, nous voilà bel et bien dans un ferry pour Porto Vecchio alors que nos billets étaient pour Ajaccio. Le capitaine du bateau pour s'excuser (il est impossible de redescendre la voiture est bloquée par 100 autres voitures) nous OFFRE l'accès au bar le soir même, puis une cabine hublot direct sur le pont (bien chère) (alors que nous en avions une sur l'autre bateau au rabais et sans fenêtre) le restaurant le soir et le petit déjeuner. Des ROIS. On a gloussé d'aise et de contentement pendant toute la traversée (sauf quand j'ai dormi, ensuquée par le cachet). Equipage gentil, capitaine hautement beau gosse. Momo et Muriel* sont déjà bien loin dans ma tête.

*Jour 1* Petit déjeuner (offert donc) on sort sur le pont et on regarde la Corse approcher. Il y a un vent de taré (globalement côté temps on n'a pas eu de chance). Débarquement rapide et balade à Porto Vecchio. Je suis frappée par les odeurs de jasmin partout, plus tard je comprendrai que ce sont en fait des mandariniers. Je hume tout ce que je peux et j'espère m'en faire une mémoire olfactive. On finit notre première errance sur la plage de palombaggia, vautrés, heureux (et bientôt cramés, on s'est pas méfié du vent). Sur la plage (une des plus belles du coin), un gars a installé une petite payotte, ou nous déjeunons. J'ai l'impression d'être là depuis un mois. Je décortique chaque instant mentalement, je veux me souvenir de cette sensation "déconnection" et "repos" si parfaite.
Dans l'après-midi on va chercher les clés de la loc. L'endroit est très beau, isolé, calme, la nature  est en fleurs, et c'est plein d'eucalyptus. L'odeur me rappelle un coin de Nice. On fait d'emblée une petite sieste, on bouquine un peu (des polars, on en a lu chacun un par jour en allant se ravitailler comme des junkies en manque à la librairie la plus proche - à payolle!)

*Jour 2* Réveil naturel, et marché (à touristes, grr) à Porto Vecchio où nous achetons de la charcuterie (moyennement bonne et parait-il venant de Chine, enfin en tout cas les cochons, ça calme) et des légumes. Cap sur Bonifacio pour visiter. Falaises blanches, en craie, creusées par l'eau. Criques sauvages et eau turquoise. Je mitraille tous azimuts et je commence à regretter que l'eau soit si froide... Je crois que le temps se lève et qu'il fera meilleur encore les jours suivants: fatale erreur.  Restaurant notable (un des deux seuls de l'île que nous ayons fait) visite, marche et retour à la loc, sieste et bouquin ( ça va être un peu récurrent, on va prendre un code, genre "j'ai récuré la maison à la javel du sol au plafond", tout moi.)
Dîner radis et saucisson (l'équilibre c'est nous).

Bon, je vais raccourcir sinon on en a pour 10 pages...

*Jour 3* Pendant qu'on déjeune la petite mésange qu'on avait vu la veille revient frapper à la porte fenêtre, je pense que les locataires précédents lui donnaient peut être des miettes? On lui ouvre, on essaye de lui donner des miettes, elle s'en va. Deux jours de suite, on commence à s'interroger...
(Comme une cruche je n'ai pas noté la suite, enfin ce qui a de sûr c'est qu'en fin d'après midi bien fatigués de nos périgrinations, j'ai récuré la maison à la javel du sol au plafond. (Je vous l'avais dit, on s'est bien reposés en fait.))

*Jour 4* Au petit déj', la (satanée) mésange revient. Cette bêcheuse boude nos miettes je vais finir par l'attendre avec un lance-pierre tellement ça m'énerve de ne pas comprendre ce qu'elle veut. Je monte sur une chaise pour voir si elle n'a pas fait son nid au dessus de l'armoire, queud.
Départ pour l'intérieur des terres. Le col de Bavella, chênes verts (lièges) partout, fleurs blanches hautes qu'on ne voit pas sur le continent, peut être des aulx sauvages? La nature est très belle, la végétation marquante. Le temps s'est dégradé et nous découvrons les montagnes sous une lumière incroyable: entre deux nuages lourds, une percée de soleil sur une roche claire... On bloque un moment, heureusement que les appareils photos n'ont plus besoin de pellicules... Repas dans une auberge de montagne, dos à la cheminée, enchanteresse.  Le retour à Porto Vecchio est bien moins marrant, long, et en épingle, j'ai la gerbe et j'ai hâte d'arriver (début de soirée, récurage à la javel, etc.)

*Jour 5* Visite de Sartene,  le Noon' déteste. Moi je trouve ça mignon, mais c'est vrai qu'il n'y a rien à y foutre. Le bar de la place s'appelle "au bien assis" et effectivement 3 pépés y ont l'air pas mal le cul vissé sur leurs chaises. C'est un peu tout ce que j'en ai noté. On pousse jusqu'à Propriano, alors là, l'hiver (ou quasi) c'est moche! (les plages sont belles, on a renoncé, vu le temps)  Mais le Noon' tombe dans les bras du propriétaire d'un magasin de musique  qui l'avait attiré comme un aimant, le mec est exilé là bas depuis 12 ans, mais avant il sévissait à Marseille, le monde est petit! On déjeune chez des neuneus, en terrasse, sous la pluie, une bouffe plus que moyenne (et ça aussi, à part deux resto, celui de la cheminée et celui du deuxième jour à Porto V. c'est une constante.)

*Jour 6* Temps de chiottes, je commence à me lasser. Roulé-boulé à la librairie, rien d'autre de notable. Et puis je pense aux élections de plus en plus vivement, j'espère qu'il n'y aura pas de grève de la société de navigation pour rentrer voter (et en fait il n'y en a pas eu là, mais lors du 2ème tour 15 jours plus tard; si! Je crois que j'aurais mordu au sang si ça nous était arrivé).

*Jour 7* Retour à Bonifacio. Le village que j'ai préféré, et en fait sans doute impratiquable l'été.  On mange (javel, euh non médiocre) et nous partons arpenter le "chemin de ronde", à fleur de falaise, à chaque meurtrière se révèle un nouveau point de vue sur l'eau turquoise, je fais des tonnes de photos que j'envoie Au Zèbre pour lui faire un peu profiter de la vue inoubliable et coupant le souffle du coin. Après la promenade très venteuse, halte dans un bar ou je commande un perrier (ils n'ont pas) un coca (ils n'ont pas) je finis par boire un orangina à la canette! J'imagine l'horreur que cette île doit être en pleine saison, et comme on doit traiter le touriste moyen...
Malgré tout le soir, je suis un peu triste de partir le lendemain. On a passé un moment unique (il ne peut rien me rappeler, je ne connaissais pas la Corse), seuls, et je n'ai pas envie que ça s'arrête. Il faut rentrer pourtant, voter dabord...

*Jour 8* Ménage dans la loc et nous partons pour Ajaccio reprendre le bateau. A cette occasion on réalise bien la chance qu'on a eu de se tromper à l'aller, et d'arriver directement à Porto V: c'est au bout du monde!! Nous disons aurevoir à ce joli petit bled, et on reprend la route jusqu'à Propriano, puis, un siècle plus tard: Ajaccio. Beuuuurrkkkk! J'ai l'impression de voir un mix entre Marseille (taille, immeubles) et Alger (ville très blanche, très lumineuse) (du moins de la représentation que j'en ai) en tout cas une chose est sûre c'est GRAND et c'est urbain! Tout l'inverse de ce que l'on vient de connaitre une semaine, et le choc est rude. C'est comme la fin des vacances, une grande claque dans la figure.
Je n'ai aucune envie de m'y promener, je préfère rester sur les belles images que j'ai  (en plus la voiture est pleine) et nous.... lisons dans la voiture jusqu'à l'heure de l'embarquement (quelques heures plus tard).
On embarque finalement, nous vautrons dans notre cabine (moche, bon marché, et sans hublot) puis nous rendons sur le pont (splendide-j'en ai posté une photo déjà sur un post précédent). Quand il commence à faire froid, nous nous calfeutrons au bar dont la déco m'évoque l'espagne post franquiste , et nous prenons un dernier apéro.


... Mes notes s'arrêtent là.
(Oui je sais, un paragraphe de plus et vous tombiez dans les pommes.)

* Les prénoms sont bien sûr imaginaires.




mercredi 9 mai 2012

Infinitif (à l'Usine)

Se lever à l’aube (stress du collégien : la reprise), prier pour que gros neurone ne soit pas là (reprendre en douceur sans avoir à parler pour ne rien dire), se doucher, constater qu’on a une petite plaque d’eczéma sur le ventre qui gratouille (élections présidentielles ?), prendre un petit déj caloriquement peu sympathique en comparaison des tombereaux douçâtres  ingurgités pendant 5 jours, se lamenter un peu (le déjeuner fade, le retour à l’Usine), regarder avec une moustache de lait de soja les albums picasa du week-end, en tirer deux conclusions : « c’étaaiiiit biiiiennnn » ! et « il faut penser à secouer son capiton là, c’est plus possible », se rendre compte que ça doit déjà bien faire deux mois qu’on a ce leitmotiv et en déprimer un peu, se dire que tout ça serait pire si Hollande avait été vaincu, essayer d’imaginer les sourires triomphants de mes collègues dans cette circonstances-là, repenser à gros neurone, faites qu’elle ne soit pas là, se laver les dents, mettre son blouson de cuir (il fait plutôt pas mauvais pour un mois de novembre), partir.


Prendre sa voiture, rouler jusqu’au métro, se garer. Se saisir du 20mn gracieusement tendu par un cerbère, sourire intérieurement en pensant que les sondages ne me feront plus jamais aussi mal, prendre le métro. Législatives, ne rien lâcher. Arriver à l’Usine, en deux bonjours comprendre qui a voté le nain après avoir fait l’air de rien les semaines précédentes, exulter. Se dire « ça aurait pu être moi la déconfite », oui mais moi j’ai déjà pris mon tour, des siècles que je suis déconfite à chaque élection. Apercevoir gros neurone (GN). Jurer intérieurement. Tenter de répondre à son mono-dia-logue. S’ennuyer déjà. Repenser aux choses qui font qu’on est nous, aux gens qu’on aime. Rester concentrée sur le zen, rester concentrée sur les engagements pris silencieusement au fond de mon crâne.


S’envoler pendant que GN pia-piatte, être haut, et loin de là. Constater qu’elle a quitté le bureau et se dire que parfois mes absences doivent se voir. Se convaincre que demain on sera meilleur dans l’hypocrisie.  Bichonner mon orchidée, regarder l’heure. Vérifier mon billet électronique et languir tout à l’heure, dans le train, rêvasserie open.

Ouvrir un document word et raconter mon début de journée, à l’Usine. Admettre qu’il ne passionnera pas grand monde, mais que peut-être il pourra aider quelqu’un à se sentir moins seul.